Noir Palimpseste au Prieuré St Cosme


FABIEN DELISLE ET NOIR PALIMPSESTE AU PRIEURÉ ST COSME   Photo Clément Darrasse©

 

Ecrire sans interrompre le flux, durcir le noir et dissoudre le mot. Créer la trame, la texture et faire motif… Se rompre à la tâche, le silence en compagnon, juste l’encre à renifler, racler le papier. Apparaît la pelisse d’une bête, un monstre de pensées immédiates dont le corps se nourrit du geste, et taille de nouveaux reliefs. Une géologie d’écriture fouillant l’antre… Durant plusieurs séances, à différentes saisons, le réfectoire des moines du Prieuré St Cosme est investit pour une performance de signes au long cours débutée cet hiver. Sur un papier long de 10 mètres, large de 2 mètres, lentement le texte se tisse et laisse voir apparaître…


Il faut tenter de nouvelles terres, inventer des espaces où les limites ont peu d’importance. Stratifier la pensée avec une telle épaisseur que le mot ne se dit plus, il se ressent. L’encre coule sans vergogne, sans jugement de la faute ou du style. Le temps s’écoule aussi, défiant l’autre temps qui se perd dans le futile.

Le public peut assister au processus de création au réfectoire, dans le lieu même où Noir Palimpseste sera présenté en novembre 2018.


janvier – février – avril – mai – restitution le 29 septembre jusqu’au 18 novembre 2018

Carte blanche autour de Noir Palimpseste le 18 novembre 2018

www.prieure-ronsard.fr

 Photo Clément Darrasse©

L’album d’Antifer en vente

L’album d’Antifer est arrivé. Au titre d’éboulologie, ce CD de 52 mn en 10 morceaux, ne sera pas la musique diffusée pour le mariage de Tata Jeannette. Enregistré en trois jours et d’une nature brut et sombre, il fallait laisser dépasser les imperfections et entreprendre une certaine poétique comme nous l’entendons.

Antifer couverture cd

 

Prix du CD: 10€ + envoi 1.40€

 

 

Contact:

zoo1@club-internet.fr

Les Iconoclasses à la galerie Marcel Duchamp

Ico

Depuis 17 ans, la Galerie Duchamp développe un projet de résidences d’artistes en milieu scolaire baptisé Les Iconoclasses. A partir du mois de janvier 2015, neuf écoles de la région d’Yvetot ont accueilli des artistes, qui ont développé un projet de création personnelle en lien avec les classes partenaires. Les projets de ces artistes ont été exposés dans les écoles participantes en mai/juin. Vous les retrouvez à la Galerie Duchamp pour l’exposition de la rentrée. Artistes participants : Alice Cabrillac / Fabien Delisle / Mathieu Doueznel / Alban Gervais / Fleur Helluin / Akira Inumaru / Anaïs Lelièvre / Hélène Neraud / Renaud Porte.

Photo de Myriam Chaïeb Nairi
Photo de Myriam Chaïeb Nairi

Le mouvement d’éducation populaire a toujours été une préoccupation au sein de mon art. Que je sois dans un contexte performatif, ou celui de la fabrication plastique, la question du public est une permanence. Non seulement pour celle de la perception de mon travail, mais au sens social et politique de ce que l’artiste doit provoquer au sein d’une communauté. Sans oublier le désir farouche de ces anciens résistants, ayant compris avec violence toute l’importance d’une société éduquée et cultivée. Alors le travail de la Galerie Marcel Duchamp à Yvetot, avec ses Iconoclasses, ne pouvait que résonner en moi et bien plus encore. D’autant plus que cette part de recherche portée par cette galerie, s’inventait directement en milieu scolaire. Pour moi, ce fût à l’école de Mannevillette, dans laquelle une ancienne classe devint mon atelier. J’y ai revêtu des couvertures de goudron, étalé des tas d’anthracite, écrit le long texte de Moyd, dessiné des dizaines de calligraphies également goudronnées, modélisé des images numériques, fabriqué des sténopés, et peut-être et surtout, j’ai discuté avec les enfants et les institutrices sur le processus du geste créatif. Sans oublié que j’ai joué au football, et que ce n’est pas la moindre des activités. Enfin ces instants de vie ont certainement influencé mon langage de création, car je venais aussi pour cela : une perméabilité à un autre milieu que le contexte habituel des ateliers. Il est en fait que l’on m’oppose de plus en plus souvent, la contemporanéité d’une démarche aux « gens simples » (sic). Comme si la pensée ou l’autorisation de penser, avait son seuil, et que les castes des uns n’étaient pas les autres. Je me suis donc réjouis des remarques des enfants lors de leurs visites tant organisées qu’informelles, qui me rappelaient que ma présence n’avait rien d’incongrue, au même titre que les dames de service, les enseignantes, ou la gelée du matin sur le banc. Enfin, je dos réitérer toute ma reconnaissance d’avoir vécu une telle expérience auprès de toutes les personnes de l’école de Mannevillette, mais aussi de rendre grâce à cette initiative des Iconoclasses, qui reste, une véritable réponse à une société qui se veut en devenir.

FD

logo

 

 

 

 

 

 

www.galerie-duchamp.com

MOYD à la Galerie Marcel Duchamp

Moyd Duchamp3Moyd Duchamp2Moyd Duchamp1Moyd Duchamp4

MOYD

Le Ritmea Pulvis Praxis est le plus petit organisme vivant de l’ordre nominal. Son statut unique d’ignorance de toute autre espèce le rend impossible à voir, sinon d’entendre son existence par un système extrêmement élaboré de pression sonore. La transcription est faite à ce jour par l’unique manuscrit de son langage intitulé Moyd. Effectivement, on lui impute toute la dimension rythmique des paysages, et cette traduction est une langue, un système de césures, des goulets et des passages, des ravines et des étranglements, qui rendent les interstices de silence nécessaires à toute musique. Sa discrétion impose des dispositions techniques d’une ampleur sans égale quant à l’imagination. Même si le sens n’a pas encore été élucidé, la complexité du propos donne à penser qu’il s’agit là d’un rapport tridimensionnel au langage. La profondeur de champ des mots du Ritmea Pulvis Praxis est présentée ici dans sa forme originelle, dans son rendu rédactionnel et sismique. Le lien subsistant tout au long du « récit » n’est qu’un bourdon, une sorte d’écoulement tonal perçu en rouge, aux variations géologiques à consonance unique. Il est à penser que les longues phases migratoires du Ritmea Pulvis Praxis, porté par le vent, aient essaimé dans plusieurs contrées. Il semblerait que des milliards d’autres propositions puissent être envisagées sur des tonalités différentes, et que ce chemin de transhumance soit la véritable ligne centrale des codes d’écriture.